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Pour améliorer le positionnement d’un site sur les moteurs de recherche, on souhaite généralement optimiser sa popularité en créant des liens externes vers ce site. A ce titre, la géo-localisation d’un site est l’un des critères les plus régulièrement mis en avant pour juger de la qualité (ou non) d’un lien :

  • Via son extension
  • Via le serveur du site
  • Via sa construction (langue utilisée, balisage, etc.).

Dans le cadre de netlinking pour un site multilingue, il semble donc important de prendre en compte ces éléments pour choisir la page sur laquelle sera positionné le lien, l’ancre qui sera mise en place et la page de destination qui sera finalement sélectionnée. Ainsi « contextualisé », le lien semble plus naturel pour les partenaires et est plus facilement accepté dans le cadre de campagnes de netlinking.

La question de l’importance de la langue, et notamment de l’extension du site, se pose néanmoins dès lors que l’on souhaite améliorer la popularité d’un site en provenance d’un pays multilingue, comme la Suisse :

  • Si l’extension en .ch est une condition importante pour contextualiser un site, les sites Suisse disposent en effet d’un nombre moins important de sites pour réaliser leurs partenariats.
  • Si l’importance est plus portée sur la langue utilisée, les sites Suisses disposent d’un avantage certain, puisqu’ils sont généralement disponibles en français et en allemand et peuvent donc réaliser leurs partenariats avec des sites en .ch, .de et .fr.
  • Par ailleurs, quelle importance accorder aux extensions génériques dans le netlinking d’un site ?

L’utilisation de l’extension .ch aujourd’hui

Au 2nd trimestre 2018, on enregistrait au total 344 millions de noms de domaine[1] :

  • 56% des noms de domaine enregistrés sont des gTLD, c’est-à-dire que leur extension est générique (.com, .net, .org…)
  • 44% des noms de domaine enregistrés sont des ccTLD, c’est-à-dire que leur extension fait référence à un pays (cc faisant référence à “country-code”).

Parmi les noms de domaine les plus utilisés, on note que l’Allemagne et la France apparaissent dans le Top 10 des extensions les plus utilisées en 2018 :

besttld-2018L’extension .ch, relative à la Suisse, arrive après ce classement, avec 2 180 982 noms de domaine enregistrés en 2018 (en progression de 4% par rapport à 2017).

Cela dit, même si l’extension fait globalement référence à un pays, il n’est pas nécessaire d’avoir la nationalité ou de résider dans le pays souhaité pour bénéficier de son extension.

Ainsi, si l’on constate que plus de 80% des noms de domaines .fr sont détenus par des Français (sociétés ou individus), il n’y a que 58% des noms de domaines en .ch qui appartiennent à un Suisse[2].

SWITCH_Statistique_Part_de_marche_TLDDe fait, il n’est pas rare qu’une entreprise implantée en Suisse fasse le choix de créer plusieurs sites en utilisant plusieurs extensions pays différentes. Le Club Med dispose par exemple d’un nom de domaine pour chaque pays dans lequel il est implanté, dont la Suisse, ainsi qu’un nom de domaine générique qui n’est utilisé que pour rediriger vers le bon site national.

Très concrètement, cela signifie qu’il y a moins de sites comportant une extension .ch par rapport aux sites .fr ou .de. Il peut dès lors paraître  tentant, pour un site en .ch, d’étendre la sélection de ses sites partenaires vers des extensions en .fr ou .de qui, si elles ne reflètent pas directement le pays en question, ont au moins l’avantage de provenir d’un site de la même langue. Est-ce une bonne idée, et comment cela se traduit-il sur le netlinking des sites Suisses ?

La répartition des Noms de domaine chez les sites avec une extension .ch

C’est pour répondre (en partie) à cette question que nous avons analysé différents types de sites en .ch pour voir comment leurs liens entrants sont répartis entre les différentes extensions existantes.

Nous avons donc retenu un site média (letemps.ch), un site institutionnel (ge.ch), un site E-commerce (cadeaux24.ch) et un site international disposant également d’autres extensions pour les autres pays (Clubmed.ch) :

repartition-ndd-avec-chNous constatons tout d’abord deux éléments :

  • La répartition des liens entre les gTLD et les ccTLD est globalement équivalente. En particulier, le site media et le site institutionnel disposent d’autant de liens en gTLD que de liens en ccTLD. La préférence vers des ccTLD semble plus marquée pour le site à l’international.
  • Les extensions en .ch sont les plus représentées parmi l’ensemble des ccTLD. Les extensions en .fr sont ensuite les plus importantes, tandis que le nombre de liens en .de est relativement faible sur l’ensemble des sites.

De fait, les pays Suisses s’appuient principalement sur des gTLD et sur leur extension nationale pour réaliser leur netlinking.

On note également que Clubmed.ch et Ge.ch disposent de plus du tiers de leurs liens entrants en .ch. S’agissant du site institutionnel, on peut supposer que les personnes les plus susceptibles de réaliser des liens vers leur contenu sont effectivement des sites disposant de la nationalité suisse.

S’agissant du Clubmed, il est possible qu’il soit plus difficile pour ce site de réaliser des liens avec un autre ccTLD puisqu’une extension est disponible pour chaque pays. De fait, un site français, par exemple, même avec une extension en .com ou en .org, pourra plus facilement faire un lien vers le site Français que vers le site Suisse. Ce dernier reste alors restreint dans ses partenariats aux sites s’adressant d’abord à un public Suisse.

Pour confirmer cette dernière hypothèse, il serait intéressant d’analyser la répartition des liens entrants de l’ensemble de sites appartenant à un même groupe et ayant cette problématique de langues.

La répartition des Noms de domaine chez des groupes internationaux, pour les pays multilingues

Pour savoir si la répartition des liens entrants provenant d’un site national avec plusieurs langues est identique pour tous les pays et les types de site, nous avons analysé les liens des sites Suisses et Belges du Club Med et de La Redoute.

Comme pour la Suisse, la Belgique dispose de deux langues principales, le français et le néerlandais. Le netlinking Belge est donc tout aussi complexe que le netlinking Suisse. Nous avons également choisi deux thématiques différentes (le tourisme et le retail) pour voir si cette problématique touchait également un large nombre de sites.

repartition-ndd-internationaux-multilinguesLe constat le plus évident à la lecture de ce tableau est la place prépondérante occupée par les gTLD, et notamment par l’extension .com, dans la répartition des liens entrants pour les sites bilingues. Excepté pour le site suisse du ClubMed, plus de la moitié des liens entrants ont une extension générique ; le site Clubmed.ch, quant à lui, compense par le nombre de liens entrants en .ch, dont la part est plus importante que pour les autres sites. Ce choix du Club Med suisse n’est pas particulièrement valorisé en termes de Domain Rating ou de trafic SEO.

Conclusion : misez sur les extensions génériques !

Deux éléments ressortent de cette première analyse du netlinking en Suisse :

Il semble intéressant de capitaliser sur les gTLD pour diversifier et optimiser son netlinking : sans doute plus simples à mettre en place que pour un autre site national, les extensions génériques sont a priori autant efficaces pour aider à la popularité globale d’un site.

Par ailleurs, l’importance de l’extension nationale pour un site n’est pas prouvée : le site Clubmed.ch, qui détient le plus de liens entrants avec l’extension de son pays, est aussi celui qui a le Domain Rating le plus faible et le trafic SEO le moins élevé.

Pour compléter cette analyse, une attention plus particulière pourrait être portée sur les répartitions par ancre, pages de destination ou encore serveur/IP de sites afin d’avoir une vision globale des meilleures options permettant d’optimiser le netlinking d’un site pour la Suisse.

 

[1] https://www.centr.org/statistics-centr/quarterly-reports.html

[2] https://www.nic.ch/fr/statistics/market/

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